Le matériel de Vancouver 2004

Si les règles françaises du polo-vélo obligeaient jusqu'en 2005, pour les matches de championnat de France, à utiliser un maillet à tête trapézoïdale dont les dimensions sont réglementées (cf. les règles du jeu) et un vélo à pignon fixe et au braquet limité (3,5 m. par coup de pédale), il n’en est pas de même au niveau international.

Les différents pays se sont mis d’accord en 2001 pour utiliser une balle d’arena polo, plus petite et plus légère que la balle de handball utilisée en France (entre 10 et 12 cm de large contre 15 cm en France).

De plus, un joueur est limité à trois touches de balle successives avec son maillet, ce qui interdit de fait le jonglage, méthode de jeu très pratiquée en France.

Enfin, aucune limitation de braquet ou de type de développement n’est imposée, de même que rien ne réglemente la taille et la forme du maillet, si ce n'est l'obligation d'avoir une bandelette à l'extrémité du manche afin que le maillet soit maintenu au pouce ou au poignet par cette bandelette.

Ainsi, les Indiens, les Pakistanais, les Canadiens, les Britanniques, les Allemands et la plupart des Américains jouent au polo-vélo avec un maillet à tête ovoïdale, comme au polo à cheval.

Seuls les Français et quelques Américains (St-Cloud Bike Polo, Minnesota) jouent avec un maillet à tête en forme de trapèze.

Concernant le vélo, mis à part les Français, la plupart des Britanniques et quelques Canadiens qui jouent avec des vélos à pignons fixes, tous les autres joueurs jouent avec des vélos à roue libre et sans limitation de développement.

Fort de ce constat et de l’expérience internationale accumulée depuis 2000, certains joueurs français ont modifié spécialement pour Vancouver leur matériel habituel.

Ainsi, Didier Derly, qui jouait déjà avec un maillet de polo équestre depuis 2001, a opté pour un vélo à frein et changement de vitesse incorporés au moyeux.

Le capitaine français, Jean-Michaël Languille, ainsi que les frères Malandain ont opté pour un VTT classique. Julien Lasserre, quant à lui, avait emmené un VTT sans dérailleur, mais la chaîne était mal réglée, ce qui lui a posé de nombreux problèmes.

Pour la première fois, Stéphane Malandain et Jean-Michaël Languille ont évolué avec un maillet à tête ovoïdale, tandis que Jean-Pierre Malandain, Stéphane Paris et Julien Lasserre ont gardé leur maillet français.

En revanche, tous les Français ont tenu à garder leur guidon habituel (poignée parallèle au cadre) et leur tube de selle coudé vers l'arrière, ce qui leur permettait de jouer plus facilement avec leur roue, contrairement aux joueurs des autres nations.

Le constat de ces changements de matériel est globalement positif : en utilisant une roue libre, les joueurs sont moins fatigués que s’ils avaient utilisé un pignon fixe, car ils tournent moins souvent les jambes. Et les frappes avec un maillet de polo équestre ne sont pas moins efficaces, que ce soit en terme de puissance de tir ou de précision, vu le petit diamètre de la balle.

En revanche, ce type de matériel exige vraiment de bien s’entraîner avec avant une compétition de manière à s’y habituer et à corriger les éventuels dysfonctionnement.

Les prochaines rencontres internationales seront l’occasion de procéder à de nouveaux essais… en attendant un changement de réglementation française ?

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